Mdou

Face à la persistance alarmante des Violences Basées sur le Genre (VBG) au Tchad, la ville de Moundou accueille, du 09 au 14 février 2026, un atelier stratégique du projet NexSud consacré au renforcement des capacités des acteurs de terrain. Une initiative financée par l’Agence Française de Développement (AFD) et cofinancée par l’Union Européenne (UE), qui place la protection des personnes vulnérables au cœur de son action.

Pendant près d’une semaine, 77 participants issus des organisations membres du consortium de mise en œuvre du projet l’IHDL, Caritas Suisse et l’APLFT prennent part à cette session de formation axée sur les Violences Basées sur le Genre et le protocole de référencement des survivant(e)s. Animateurs, superviseurs et cadres de terrain y sont réunis, conscients de leur rôle clé au plus près des communautés bénéficiaires.

L’atelier a été officiellement ouvert par Alexandre Dingamadji, représentant du Directeur national de l’IHDL. Dans son allocution, il a dressé un constat sans détour : les VBG demeurent un fléau aux conséquences dévastatrices sur les individus, les familles et le développement socioéconomique du pays. Il a rappelé que, malgré l’adoption en 2017 de la Politique Nationale Genre, l’éradication des violences et des inégalités d’ici 2030 exige des actions concrètes, coordonnées et durables sur le terrain.

Dès les premières heures, une atmosphère fraternelle et engagée s’est installée dans la salle. Les participants, venus de différentes zones d’intervention du projet NexSud, ont saisi cette occasion pour partager leurs expériences, confronter les réalités locales et renforcer les synergies indispensables à une réponse efficace face aux VBG.

La formation est animée par Sanodji Eddi, Responsable Protection de l’APLFT, avec l’appui des équipes techniques du projet NexSud. Elle vise prioritairement les acteurs de première ligne, souvent les premiers témoins — et parfois les seuls recours face aux situations de violence. Les modules abordent les fondamentaux des VBG, leurs causes structurelles, leurs impacts sociaux et psychologiques, ainsi que les mécanismes de prévention, de gestion des cas, de documentation et de référencement sécurisés.

Si le projet NexSud soutient les ménages vulnérables à travers des transferts monétaires, la promotion des Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) et l’appui aux Activités Génératrices de Revenus (AGR), il reconnaît aussi les risques sous-jacents. La gestion collective des ressources, dans des contextes marqués par des normes sociales inégalitaires, peut exacerber les tensions et favoriser l’émergence de violences, notamment à l’encontre des femmes et des jeunes filles.

C’est pourquoi le renforcement des compétences des équipes de terrain apparaît comme un levier stratégique. Il s’agit non seulement de prévenir les VBG, mais aussi de renforcer la cohésion sociale, de sécuriser la participation de tous et de garantir que l’autonomisation économique ne se fasse jamais au détriment de la dignité humaine.

À terme, cet atelier ambitionne d’améliorer la prévention des Violences Basées sur le Genre au sein des ménages et des communautés, d’accélérer l’identification et la prise en charge des survivant(e)s et de créer un environnement plus sûr pour le fonctionnement des AVEC et le développement des AGR. Au-delà des résultats immédiats, c’est une dynamique durable d’autonomie économique et sociale que le projet NexSud entend consolider.

Par cette initiative, le projet NexSud, avec l’appui constant de l’AFD et de l’Union Européenne, réaffirme une conviction forte : le développement ne peut être durable sans égalité de genre, sans protection des plus vulnérables et sans un engagement résolu contre toutes les formes de violence.

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Correspondance – Voix du Grand Moyen Chari

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