Ce 23 février 2026, au Centre des jeunes Don Bosco, la Province du Moyen-Chari a officiellement lancé les travaux de la deuxième réunion du Comité Local de Suivi Technique (CLST), une instance devenue stratégique dans la gestion des défis pastoraux.
Sous la présidence du Secrétaire général de la province, Monsieur Fidèle Kodé Ngolo, la rencontre a rassemblé un large éventail d’acteurs : autorités administratives, services techniques déconcentrés de l’État, représentants des organisations pastorales, des femmes et des jeunes, ainsi que les partenaires techniques et financiers, notamment WCS et la FAO. Un tour de table révélateur d’un enjeu qui dépasse les seules questions d’élevage pour toucher à la cohésion sociale, à la sécurité et au développement local.
Dans son allocution, le Secrétaire général a salué l’engagement constant des partenaires aux côtés du Gouvernement tchadien dans la recherche de réponses durables aux tensions liées à la transhumance transfrontalière. Mais au-delà des remerciements, le message central se voulait clair : la fin progressive du projet ne doit pas marquer un essoufflement, mais plutôt une transition vers une responsabilisation accrue des acteurs locaux.
« La clôture d’un projet n’est pas une fin, mais un tournant », a-t-il souligné en substance, invitant à consolider les acquis et à renforcer l’ancrage institutionnel du CLST au niveau provincial. L’enjeu est de taille : faire de ce comité un véritable cadre permanent de dialogue, capable d’anticiper les conflits et de coordonner efficacement les réponses.
Monsieur Fidèle Kodé Ngolo a insisté sur trois piliers essentiels : l’appropriation locale des mécanismes mis en place, la synergie entre les secteurs clés élevage, agriculture, environnement et sécurité et l’inclusion effective des communautés dans la gestion des problématiques pastorales. Car sans implication directe des populations concernées, aucune réforme ne saurait produire d’effets durables.
Les membres du comité ont ainsi été appelés à élaborer une feuille de route claire, pragmatique et adaptée aux réalités du terrain, afin d’assurer la continuité des actions après la clôture du projet. Une démarche qui vise à garantir la pérennité de cette plateforme de concertation et à prévenir les crises récurrentes liées à l’accès aux ressources naturelles.
À travers cette deuxième réunion, le Moyen-Chari affiche une ambition assumée : faire de la transhumance un facteur de complémentarité économique plutôt qu’une source de tensions, et inscrire la gestion des ressources naturelles dans une dynamique de développement harmonieux au bénéfice de toutes les communautés.
À Sarh, le défi est posé. Reste désormais à transformer les engagements en actions concrètes.
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Correspondance – Voix du Grand Moyen Chari