Assileck

Après avoir sillonné Bongor, Moundou, Doba et Koumra, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assilek Halata, poursuit son offensive dans le Sud tchadien. Cette fois, c’est à Sarh, capitale provinciale du Moyen-Chari, qu’il est venu porter un message sans équivoque : la terre publique ne saurait être une propriété privée.

Accueilli par le délégué général du gouvernement, Abderamane Ahmat Bargou, le ministre a donné le ton d’une mission aux allures de croisade contre le désordre foncier. « Le domaine de l’État n’est pas à vendre, ni à céder sous la table. Il est temps que l’autorité publique reprenne ses droits », a-t-il martelé devant les autorités locales.

Le constat dressé par le délégué général est alarmant. À Sarh, comme ailleurs, les réserves foncières destinées à l’aménagement urbain, aux infrastructures publiques ou aux espaces verts, sont massivement occupées de façon illégale. Des particuliers s’y sont installés, parfois avec la complicité silencieuse de certaines administrations locales.

« Nous assistons à une forme de privatisation sauvage du bien public », a déploré Abderamane Ahmat Bargou. Il a appelé à un appui renforcé du ministère pour inverser cette tendance qui freine le développement urbain et menace la cohésion sociale.

En réponse, Mahamat Assilek Halata a réaffirmé la ligne dure du gouvernement : restaurer l’ordre, régulariser les titres fonciers en toute transparence et expulser, si nécessaire, les occupants illégaux. Cette tournée, a-t-il souligné, n’est pas une simple visite de courtoisie, mais l’amorce d’une réforme structurelle du foncier au Tchad.

« Nous ouvrons une nouvelle page de l’aménagement du territoire, fondée sur la légalité, la justice sociale et la préservation du patrimoine commun », a-t-il déclaré avec fermeté.

La démarche du ministre est saluée par certains observateurs comme un signal fort dans un pays où l’insécurité foncière nourrit souvent les conflits et les inégalités. Reste à voir si cette volonté politique se traduira concrètement sur le terrain, au-delà des discours.

Mais à Sarh, l’arrivée de Mahamat Assilek Halata ne passe pas inaperçue. Elle sonne comme un avertissement pour les accapareurs de terres : l’époque de l’impunité touche peut-être à sa fin.

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Correspondance – Voix du Grand Moyen Chari

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